Qui sont les enfants de Kanye West ?


09 octobre 2019

En attendant la sortie de « Jesus Is King », rendons à César ce qui appartient à César...

« Name one genius that ain't crazy » - Feedback, The Life of Pablo

Que Kanye West ait un grain cela ne fait pas de doute. Qu’il soit doté d’un talent sans pareil non plus.

Démiurge du rap américain depuis désormais une quinzaine d’années, pour peu que l’on juge la grandeur d’un artiste à l’influence qu’il exerce sur son époque, difficile de ne pas lui attribuer le titre du « Shakespeare/Galilée/Steve Jobs/Léonard de Vinci » du game.

Preuve en est son armée, non pas de clones, mais de disciples engendrée sur plusieurs générations.

Kid Cudi

Forcément le premier nom qui vient à l’esprit.

Appelé à la base pour poser un refrain sur le Blueprint 3 de Jay Z après que Kanye soit tombé sur l'une de ses mixtapes (« La première fois que j’ai entendu Cudi j’ai directement pensé aux Bone Thugs »), il va ensuite être débauché comme collaborateur à temps complet sur 808s & Heartbreak.

Crédité sur quatre morceaux (Heartless, Welcome to Heartbreak, Paranoid et RoboCop), il sort dans la foulée Man on the Moon: The End of Day qui sonne à peu de chose près sensiblement pareil (ambiance atmosphérique et textes introspectifs).

Cudi va toutefois finir par tout d’abord prendre son indépendance artistique avec son projet suivant Man on the Moon II: The Legend of Mr. Rager, puis son indépendance commerciale en quittant le label G.O.O.D. Music en 2013.

De là, une tension va naître avec son mentor à qui il va s’en prendre par comptes Twitter interposés. Fort heureusement la fâcherie ne durera pas.

Après que Kanye l’ait couronné sur la place publique « artiste le plus influent de la décennie », il fait de nouveau appel à ses services pour The Life of Pablo (Father Stretch My Hands Pt. 1), avant de réaliser le rêve de leurs fans bases respectives en enregistrant avec lui à quatre mains le très bon Kids See Ghosts.

Et à en croire les dernières nouvelles, la bromance n’est pas prête de s’arrêter puisqu’une ou plusieurs suites seraient d’ores et déjà prévues.

Lupe Fiasco

Au rang des couplets qui ont lancé une carrière (AZ/Life's A Bitch, Snoop/Deep Cover…), celui de Lupe sur Touch The Sky en 2005 se pose là.

Auparavant dans le giron de Jay Z, le rookie réussit sur ce couplet à se faire nom, et à inaugurer une fructueuse collaboration avec le Louis Vuitton Don, qui, en plus de lui filer des instrus sur commande, l’invitera sur sa tournée Glow in the Dark et formera même avec lui (et Pharrell !) le très éphémère super groupe Child Rebel Soldier.

De son côté, Wasalu Muhammad Jacob se payera le luxe de remixer quelques-uns de ses titres en y ajoutant sa patte personnelle – notamment Diamonds from Sierra Leone et Jesus Walks transformés respectivement en Conflict Diamonds et Muhammad Walks.

Et tant pis si le mari de Kim K. pète un boulon à échéance régulière, il reste son « big brother de Chicago, c’est tout ce qui compte ».

Childish Gambino

Si sur le papier, il est aujourd’hui difficile de faire plus éloigné que l’auteur de This Is America et le supporter de Donald Trump, c’est cependant loin d’avoir été toujours le cas.

Souvenons nous en effet qu’au moment de la sortie de son album Because The Internet en 2013, l’ami Donald Glover se présentait en interview comme « le fils de Kanye », n’hésitant pas au passage à qualifier ce dernier de « prophète ».

Admirateur un peu trop zélé, il se verra d’ailleurs reprocher par la critique de copier/coller avec un peu trop d’ardeur son aîné, au point d’être parfois confondu avec « un imitateur » ou « une version alternative ».

Drake

Lorsque le Canadien explose à la face du monde avec sa mixtape So Far Gone en 2009, il n’échappe à personne que le projet est fortement inspiré par 808s tant sur le fond que sur la forme (cf. entre autres le morceau Say What’s Real qui sample Say You Will), ce dont le principal intéressé et son producteur Noah ‘40’ Shebib ne se cachent absolument pas.

Loin d’être un ingrat, au plus fort de son embrouille avec Yeezy l’année dernière (qui rappelons-le aurait leaké l’existence de son fils caché), Drizzy n'en déclarait pas moins « avoir le plus grand respect pour lui » et « qu’il n’oubliera jamais ce qu’il a fait pour le game et pour sa carrière ».

Bien lui en a pris, Kanye qui refusait jusque-là de lui accorder le droit de sampler Say You Will pour la réédition de So Far Gone a fini par accepter.

The Weeknd

OVO toujours, le crooner des fins de semaines admet sans fard que 808s & Heartbreak constitue « l’une des œuvres les plus importantes de sa génération ». Il faut dire que sans elle, il y a  fort à parier que sa trilogie de mixtapes House of Balloons/Thursday/Echoes of Silence sortie au début de la décennie aurait sonné exactement pareil.

Impossible également de ne pas mentionner l’influence de My Beautiful Dark Twisted Fantasy sur son écriture (addictions, luxure, échecs amoureux…).

Chance The Rapper

Le premier album que Chano a acheté de sa vie ? The College Dropout. L’album préféré de Chano ? Late Registration.

Et si ce n’est pas assez clair comme ça, voilà une citation qui résume à elle seule ce qu’il doit à son homologue chicagoan : « Avant Kanye j’écoutais de la musique, après Kanye je voulais faire de la musique. »

Du coup lorsque quelques années plus tard, invité à ouvrir The Life Of Pablo avec Ultralight Beam, il balance tout de go « I met Kanye West, I'm never going to fail », tout le monde comprend bien que la ligne est à prendre au premier degré.

Autoproclamé « prodige le plus talentueux » du maître, Chance a ainsi badigeonné de la touche soul et gospel propre à sa trilogie du Nounours ses Acid Rap et Coloring Book, tandis qu’il se plaît à l’occasion à reprendre ses standards ou à lui rendre visite lors de ses Sunday Service.

J. Cole

Certes Kanye a déclaré en 2018 avoir l’impression que « J.Cole passait son temps à lui envoyer des piques sur disque », mais cette obsession ne traduit-elle pas en réalité toute l'admiration que lui porte le marcheur solitaire ?

Dès le départ ce ne sont en effet pas les preuves qui manquent : sa mixtape The Come Up de 2007 où il rappait sur ses beats (School Daze, College Boy, The Come Up et Homecoming), son adoubement sur le Blueprint 3 de Jay Z sur A Star Is Born produit par Kanye, son tout premier single solo Work Out qui en 2011 échantillonnait The New Workout Plan extrait de College Dropout, etc.

D’ailleurs le marcheur solitaire de Caroline du Nord avait déclaré peu avant la sortie de son premier album : « Je suis tellement fan de Kanye, j’adorerais travailler lui à grande échelle (…) Mais pour ça je dois encore beaucoup progresser pour ne serait qu’envisager cette opportunité. »

Et c’est comme ça que deux ans plus tard, Cole a avancé la sortie de son album Born Sinner d’une semaine pour défier en première semaine Yeezus (297 000 copies vendues contre 327 000).

Qui a dit désir mimétique ?

Kendrick Lamar

Une connexion qui à première vue ne va pas nécessairement de soi, à ceci près que K.Dot a toujours volontiers reconnu l’importance du conseil que Kanye lui a donné à ses débuts : « Si tu veux rester le plus créatif possible, ne minimise pas tes idées, ne t’impose aucune limite. »

Après ça il y a eu To Pimp A Butterfly.

Travis Scott

Entendu une première fois sur la compilation Cruel Summer (2012) où il coproduit trois titres, La Flame, 20 ans, remporte alors son ticket pour venir assister le Christ lors de l’enregistrement de Yeezus – qui a dit que Sin City préfigure New Slaves ?

Juste retour des choses, Ye (et Mike Dean) l’assiste ensuite dans la création de sa mixtape Owl Pharaoh qui là encore fait la part belle aux synthétiseurs et lignes de basses d’outre-tombe.

Honneur ultime, Mr. West daigne venir feater sur son premier essai Rodeo (Piss on Your Grave).

S'en suit depuis une relation des plus fusionnelles comme Scott en attestait en 2015 : « Il est comme un beau-père pour moi. On a toujours eu une relation de partage d’idées. On parle tout le temps de tout et n’importe quoi : la vie, et comment on peut être des gens meilleurs, des artistes meilleurs. Notre but c’est d’aider les autres à trouver leur voie. »

Ne manquerait plus que cette relation tombe à l’eau à cause d’une Kardashian/Jenner tiens...

Lil Uzi Vert

Décrié par une partie de la critique à sa sortie, Yeezus n’en pas moins fini par faire sentir son influence auprès de la nouvelle génération.

Son saturé et abrasif, énergie flirtant avec le rock, déstructuration à tous les étages… clairement le P’tit Uzi s’est buté à Black Skinhead et I Am God.

Sans surprise, lui et West entretiennent des liens étroits : « Kanye et moi on bosse sur des trucs depuis que je suis dans la musique. Il a toujours été là. »

Source www.booska-p.com

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